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Blaise Cendrars

Œuvres romanesques précédé de Poésies complètes

Tome II Édition publiée sous la direction de Claude Leroy avec la collaboration de Marie-Paule Berranger, Myriam Boucharenc, Jean-Carlo Flückiger et Christine Le Quellec Cottier

Parution le 9 Novembre 2017
Bibliothèque de la Pléiade, n° 629
Achevé d'imprimer le 16 Octobre 2017
1456 pages, rel. Peau, 104 x 169 mm

Prix de lancement 56.00 € jusqu'au 31 03 2018 Acheter le livre

ISBN : 9782070148462
Code distributeur : A14846
GENCOD : 9782070148462

Ce volume contient

Œuvres romanesques (1930-1957) : La Vie secrète de Jean Galmot [Rhum] - Histoires vraies - La Vie dangereuse - D'Oultremer à Indigo - Emmène-moi au bout du monde!... - Trop c'est trop. Textes épars 1927-1959. Autour des œuvres de Blaise Cendrars : Textes et documents.

On croit savoir que Freddy Sauser devint poète à New York dans la nuit du 6 avril 1912, qu’il se changea en Blaise Cendrars à cette occasion, puis qu’il renonça au poème, au profit d’une autre écriture, de la main gauche cette fois, dans la nuit du 1er septembre 1917, à Méréville (Seine-et-Oise). Rare précision des dates… À nuancer toutefois. Deux recueils paraissent encore en 1924, et il se peut que la ligne de partage entre poèmes et «fictions» (ce mot, à nuancer lui-même) ne soit pas si nette. Au reste, entre 1917 et 1924, Cendrars renonce au poème, pas à la poésie. L’une des vertus de cette édition, dont les deux titres semblent entériner le mythe de la rupture forgé par l’écrivain, est de mettre en évidence la cohérence souterraine qui fait de lui, dans ses romans aussi bien que dans ses recueils, le poète de la modernité.
Modernité, et non avant-garde. Il ne s’agit pas de célébrer le futur. C’est le Profond aujourd'hui qui retient Cendrars, et il est bon que la chronologie place en tête des «Œuvres romanesques», comme une enseigne, l'inclassable texte de 1917 ainsi intitulé. «La modernité a tout remis en question.» Elle crée des besoins «de précision, de vitesse, d'énergie» qui détraquent les sens et le cœur de l’homme. Le romanesque doit mettre au point «le nouveau régime de la personnalité humaine». Telle est l’ambition de Cendrars.
Elle ne s’accommode d’aucune «recette». «Consultez mes œuvres. Il n’y a pas de principe ; il n’y a que des réalisations.» L’Or et Moravagine sont «deux pôles aussi différents l’un de l’autre par l’écriture et la conception que s’ils étaient l’ouvrage de deux écrivains sans tendresse réciproque», dira l’ami t’Serstevens. Cendrars ne tient pas à enfoncer le clou. «Quand on aime il faut partir», se renouveler, élargir les cases, se jouer des formes. Les Sonnets sont dénaturés, les Poèmes élastiques, Rhum est un reportage romancé, et les Histoires dites vraies entretiennent un rapport complexe avec la fiction. «Plus un papier est vrai, plus il doit paraître imaginaire.» Et vice versa : la fugue du Transsibérien était imaginaire, mais plus vraie que vraie.
C’est dire qu’il entre une part de convention dans les intitulés donnés aux volumes que la Pléiade consacre à Blaise Cendrars. Poétiques, romanesques, autobiographiques : la plupart des ouvrages relèvent, dans des proportions variables, des trois catégories. Les territoires respectifs de la fiction et de la réalité se recouvrent. Et à lire le romancier, on voit à quel point les préoccupations du poète demeurent actives, et comment elles atténuent ou effacent les frontières entre les genres. «Les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles», disait Rimbaud.