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Collectif

Lais du Moyen Âge

Récits de Marie de France et d'autres auteurs (XIIe-XIIIe siècle) Trad. de différentes langues par Lucie Kaempfer, Ásdís R. Magnúsdóttir, Karin Ueltschi et Philippe Walter. Édition publiée sous la direction de Philippe Walter Édition bilingue

Parution le 25 Octobre 2018
Bibliothèque de la Pléiade, n° 636
Achevé d'imprimer le 25 Septembre 2018
1488 pages, rel. Peau, 105 x 190 mm

Prix de lancement 62.50 € jusqu'au 31 03 2019 Acheter le livre

ISBN : 9782070177868
Code distributeur : A17786
GENCOD : 9782070177868

Autour du livre

Ce volume contient

Lais traduits du norrois : Richard le Vieux - La Grève - Goron. Lai traduit du moyen anglais : Sire Orféo. Marie de France : Prologue - Guigemar - Équitan - Le Frêne - Bisclavret - Lanval - Les deux Amants - Yonec - Laostic - Milon - Le Chaitivel - Le Chèvrefeuille - Éliduc. Lais anonymes ou dus à d’autres auteurs : Désiré - Tyolet - Guingamor - L'Épine - L'Épervier - Doon - Le Lécheur - Tydorel - Le Court Manteau - L'Ombre (de Jean Renart) - Le Conseil - Amour (de Girard) - Aristote (d'Henri de Valenciennes) - Graalant - L'Oiselet - Le Cor (de Robert Biket) - Haveloc - Ignauré (de Renaut) - Mélion - Le Trot - Le Vair Palefroi (de Huon Le Roi) - Nabaret - Narcisse - Pyrame et Thisbé.

Pour faire savoir à Yseut qu'il se trouve non loin d'elle, Tristan grave une inscription sur une branche de coudrier. «Ni vous sans moi, ni moi sans vous!» Le stratagème réussit, les amants s'enlacent. Quand ils sont de nouveau séparés, Tristan compose un lai pour éterniser cet instant de bonheur. Telle est l'origine du Chèvrefeuille de Marie de France, et celle de bien des lais : ils naissent du souvenir d'une émotion.
De Marie de France on sait peu de chose. Elle vécut dans la seconde moitié du XIIe siècle, était liée à la cour d'Aliénor d'Aquitaine, et fut la première femme poète à écrire en langue vernaculaire. Son œuvre illustre un courant littéraire alors en plein essor, le «lai narratif», qui est en fait un récit, un conte. La floraison du genre correspond à l'apogée des Plantagenêt ; le lai participe à leur rayonnement. Le déclin des lais narratifs coïncidera avec les difficultés politiques de la dynastie.
Le monde des lais est celui du merveilleux, la féerie y surgit à l'improviste. Les chevaux galopent plus vite que ne volent les oiseaux, tel homme se transforme trois jours par semaine en une bête féerique, tel autre épouse le reflet de sa bien-aimée. La fine amor, c'est-à-dire l'amour courtois, est partout présente. Revêtant des formes diverses – féeriques, didactiques, burlesques, proches des fabliaux, voire des fables –, les lais ont en commun le sens de l'image, la musique de la rime, l'art de suggérer, le don d'émouvoir.
Cette édition, où une traduction en français moderne figure en regard du texte anglo-normand, réunit tous les lais narratifs des XIIe et XIIIe siècles. Ceux dont le texte a été perdu sont représentés par la traduction de leur version norroise ou moyen-anglaise.

 

Grand crus

Nathalie Crom, Télérama, Supplément Cadeaux (24 au 30 novembre 2018)

«La poétesse Marie de France (1154-1189) est la vedette de ce volume merveilleux à tous les sens du terme, dans lequel se déploie, en version bilingue -langues du Moyen Age (français, anglais, norrois) et français d'aujourd'hui -, la singulière richesse de l'imaginaire des conteurs médiévaux.»

 

La beauté cachée des lais. "Pléiade" Ce volume réunit pour la première fois l'intégralité de ces textes narratifs des XIIe et XIIIe siècles.

Ariane Bavelier, Le Figaro Littéraire (22 novembre 2018)

«Voici des textes qui appartiennent à l'orée de la littérature. Lorsque celle-ci était encore pensée comme une musique jaillie du cœur, pure émotion, vraie poésie, dite sur le chant des harpes, des rotes et des vielles. Des textes brefs et rimés qui jettent sur le papier ces contes entendus de cour en cour, chantés pour des troubadours, dans ces âges où l'on se berçait de rêves d'amour et d'aventure, entre deux messes et deux batailles. Marie de France les a "recontés", comme elle dit. Elle se désigne dans son recueil par son seul prénom. C'est la principale auteure référencée dans ces Lais du Moyen Age dont l'édition en "Pléiade" rassemble vingt-sept exemples des XIIe et XIIIe siècles retrouvés jusqu'en Islande. Une gageure : aucun pays n'avait encore édité l'intégrale de ce genre littéraire.»